La performance passée n’est pas une garantie de résultats futurs.
Au 30 juin 2025
Source : LSEG Data & Analytics et AllianceBernstein (AB).
Market Matters
Le statut de valeur refuge du dollar américain a été quelque peu érodé par les pressions budgétaires, le contexte géopolitique et l’évolution imprévisible des politiques. L’abandon – probablement très progressif – de cette devise par les investisseurs exposera les portefeuilles à certains risques.
La poursuite ou non de la récente baisse du dollar américain a suscité de nombreuses interrogations, jusqu’à remettre en question son statut de valeur refuge. Le risque lié au dollar augmente également, en raison des inquiétudes entourant la viabilité budgétaire, la situation géopolitique et les décisions politiques aux États-Unis.
Bien que les investisseurs ne se soient pas encore séparés de leurs actifs libellés en dollars, ils devraient selon nous se tourner vers d'autres actifs dans les années à venir.
Les investisseurs qui s’accrochent aux règles empiriques du passé concernant le billet vert pourraient se retrouver confrontés à un risque de change plus important que prévu. Il nous semble judicieux de repenser l'exposition au dollar américain.
De manière générale, nous pensons que les investisseurs non américains devraient aujourd’hui couvrir davantage leur exposition au dollar, selon une approche propre à chacun.
Depuis que les États-Unis ont imposé d’importants droits de douane début avril, la corrélation entre la valeur du dollar et les rendements obligataires américains a évolué.
Lorsque le billet vert s’affaiblit au cours d’une séance, les rendements obligataires américains augmentent (Graphique). Ce comportement indique selon nous que les investisseurs remettent en question le rôle traditionnel du dollar en tant que valeur refuge.
Les corrélations entre l'or, l'argent et le bitcoin se sont en outre renforcées, même en l'absence de hausse des prévisions d’inflation, ce qui suggère que les investisseurs considèrent ces actifs comme des alternatives potentielles aux monnaies soutenues par les gouvernements, alors que le débat sur le statut du dollar et le risque lié à ce dernier se poursuit.
Rendements des bons du Trésor américain à 10 ans par rapport à l'indice du dollar américain
La performance passée n’est pas une garantie de résultats futurs.
Au 30 juin 2025
Source : LSEG Data & Analytics et AllianceBernstein (AB).
Pour les investisseurs non américains, les risques liés au dollar incluent entre autres un accroissement des tensions budgétaires et la recherche par les nations rivales d'alternatives à cette monnaie populaire.
Les États-Unis offrent aux investisseurs des marchés de capitaux vastes et profonds, recelant de nombreuses opportunités. Mais les incertitudes quant aux futures décisions politiques du pays ont ébranlé leur confiance à l’égard du dollar et des actifs libellés dans cette devise.
La première inquiétude, la plus immédiate, concerne la viabilité budgétaire. Selon le Bureau du budget du Congrès, la loi « One Big Beautiful Bill » pourrait accroître la dette nette des États-Unis de 3 300 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. L’endettement de nombreux grands pays se situe dans le haut de la fourchette observée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais les États-Unis sont confrontés à un défi supplémentaire : le coût annuel du service de la dette publique dépasse désormais le budget de la défense. Toute augmentation des taux à long terme constituerait un point de pression.
La deuxième préoccupation concerne l’imposition potentielle par les législateurs américains de conditions défavorables aux investisseurs étrangers qui détiennent des actifs américains, ce qui pourrait se traduire par une conversion de la dette américaine en titres de créance à nettement plus long terme, voire par le prélèvement d'une commission de service sur les coupons obligataires. Tout éventuel changement dans les règles applicables aux investisseurs étrangers implique des risques.
La troisième incertitude est d'ordre géopolitique. Les nations rivales des États-Unis, en particulier la Russie et la Chine, redoublent d’efforts pour trouver des systèmes de paiement échappant à tout contrôle américain. Si nous assimilons le contexte géopolitique actuel à une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine, les nations rivales seront davantage incitées à se tourner vers des alternatives au dollar.
Le soi-disant abandon massif des actifs américains a fait couler beaucoup d’encre, mais les flux des fonds d'investissement ne confirment en rien une telle tendance.
Les investisseurs devraient selon nous reconnaître l'exceptionnalisme de la croissance qui sous-tend l’argumentaire en faveur des actions américaines. Et malgré le tumulte, nous n'avons pas constaté de sorties nettes de capitaux au niveau des actifs américains cette année. Les obligations américaines subiront probablement une modeste décollecte, mais le besoin de liquidités a primé jusqu'à présent.
Afin de se détourner stratégiquement des obligations américaines, les investisseurs devront revoir leur gouvernance et accepter une moindre liquidité, ce qui pourrait s'avérer problématique. Il semble toutefois que les investisseurs non américains couvrent davantage leur exposition au dollar.
À titre d’illustration uniquement.
Un abandon progressif du billet vert au profit d'autres actifs constitue le scénario le plus probable, en l’absence d’alternative sérieuse en tant que monnaie de réserve.
La Chine ne rendra probablement pas sa monnaie convertible et l'or n'a pas l'envergure suffisante pour remplacer le dollar. Une fragmentation des systèmes de paiement incluant les monnaies numériques des banques centrales et les monnaies numériques privées pourrait représenter une menace, même s’il existe des obstacles à une adoption plus large.
Nous n’identifions pas d'alternative claire au dollar en tant que monnaie de réserve aujourd'hui, mais celui-ci devrait se déprécier au fil du temps. Le changement le plus notable concerne l'augmentation du risque, qui a des conséquences pour les investisseurs non américains détenant des actifs libellés en dollars.
Nous n’identifions pas d'alternative au dollar en tant que monnaie de réserve, mais celui-ci devrait se déprécier au fil du temps.
Le marché mondial des actions est majoritairement libellé en dollars, ce qui impose aux investisseurs de faire un choix en matière de couverture.
Certains investisseurs ne couvrent pas leur exposition au risque de change, parce qu'ils n'en sont pas conscients ou parce qu'ils privilégient leur marché national et n’y sont donc guère exposés. La couverture totale est une option courante pour les fonds de placement à devise unique ainsi que pour les investisseurs qui ne souhaitent pas que leurs rendements soient dictés par les devises (Graphique).
D'autres investisseurs, souvent des conseillers en gestion de patrimoine de plus petite taille et certaines institutions, ne couvrent que les actifs peu risqués tels que les obligations et les stratégies à rendement absolu. Les institutions sophistiquées et les gestionnaires de patrimoine peuvent couvrir certains actifs en fonction de leur volatilité.
Bien entendu, les investisseurs doivent tenir compte de leur situation personnelle lorsqu'ils décident de couvrir le risque de change.
À titre d’illustration uniquement.
Les risques liés au dollar américain ont augmenté, et nous nous attendons à ce que les investisseurs délaissent progressivement la monnaie de réserve mondiale au profit d'autres actifs. De manière générale, nous pensons que tous les investisseurs devraient envisager de réduire leur exposition au dollar au sein de leurs portefeuilles.
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